Retour sur la conférence Smart World : « la connectivité n’est pas une valeur en soi » (Cédric Hutchings)
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*designers interactifs* était partenaire de la conférence Smart World, organisée le 28 juin dernier par CCM Benchmark. Une journée nourrie de réflexions de haut niveau et d’exemples concrets de projets d’objets connectés, où les enjeux du design perçaient au travers de la richesse des usages.
En introduction, François Denieul a insisté sur ces nouvelles interfaces qui constituent autant d’enjeux de compétitivité pour les entreprises. Il a rappelé l’ambiguité de l’expression internet des objets qui décrit tantôt des objets appréhendables, tantôt des puces miniaturisés.
Michel Levy-Provençal (Joshfire) a présenté un projet de mirroir interactif. Il se place du point de vue des éditeurs de contenus et de services. Le lendemain de la conférence, Joshfire a publié le premier framework open source qui permet à des développeurs et des agences de créer des sites et des applications de contenus sur différents types de terminaux et serveurs : navigateurs web, mobiles et tablettes Apple/iOS, Google/Android, télés GoogleTV, SamsungTV et le serveur NodeJS dans un premier temps. Il précise que « précise, que “l’époque qui consistait à créer une nouvelle application pour chaque nouveau terminal arrivant sur le marché est révolue. Les applications sont développées une seule fois grâce au framework Joshfire et sont ensuite déclinables sur tous les supports connectés avec très peu d’effort. Nous sommes aujourd’hui en mesure de rationnaliser les développements sur différents écrans et objets connectés en permettant de rendre cohérente la consommation de contenus et services sur différents supports. »
Cette intervention était suivie par une table ronde sur la maison connectée avec Laurent Molveau (HP), Benoit Watrigant (Legrand), Jean-Yves Hepp (Qooq), Dominique Guenaux (UbiQuiet) et Cédric Hutchings (Withings). Benoit Watrigant est revenu sur la mutation de l’électrique vers le numérique de Legrand. Pour lui, la domotique est un marché non pas d’avenir mais d’aujourd’hui. Il a aussi détaillé les usages les plus pertinents par rapport aux enjeux du vieillissement pour le maintient à domicile. Pour Withings, il s’agit davantage de simplifier, de connecter les objets existants et d’enrichir les services. L’entreprise, qui se positionne sur le marché de la santé et du bien être, vend aujourd’hui dans 40 pays sa balance et son tensiomètre connectés. Pour Cédric Hutching, « la connectivité n’est pas une valeur en soi ». Ubiquiet a présenté un objet connecté, le Li1, « une solution globale pour faciliter le bien-vivre et l’autonomie des personnes âgées ». HP aborde pour sa part les services proposés par les imprimantes connectées qui permettent de délocaliser l’impression. L’entreprise travaille avec des éditeurs de contenus pour de l’impression on-demand (« j’imprime 5 pages du journal » dans une optique de personnalisation). Qooq illustre la convergence numérique des contenus, où il s’agit de rendre tangible l’offre virtuelle. Aujoud’hui, la tablette tactile a construit un écosystème et de multiples partenariats autour de 3 000 recettes.
Stanislas Léridon (Dotscreen) a présenté un panorama de la TV connectée (« TV connectée : vers toujours plus de personnalisation, d’interactivité et de socialisation »). Il part du constat de la prolifération des écrans. Pour lui, cette fragmentation est le moteur de la différenciation de Dostscreen qui conçoit et réalise des applications de télévision interactive. Il entrevoit de plus en plus des interactions entre les terminaux : TV / smartphone / tablettes.
Puis, une table ronde sur les technologies sans contact a réuni Gilbert Marciano (Alcatel-Lucent), Christophe Pecquerie (Airtag) et Stéphane Cren (GS1). Technique mais intéressant avec une très bonne mise en perspective avec les usages.
Pour clore la matinée, une présentation par Simon Pienne (Association Française du Sans Contact Mobile) du projet Cityzi, une expérience destinée aux porteurs de téléphones mobiles dans la ville de Nice, pour les tickets de transport et le micro-paiement. Un cas concret qui nécessiterait une mesure plus concrète des retombées.
L’après-midi a démarré avec la très drôle et pédagogique intervention de Rafi Haladjian (Sen.se) pour « Démystifier l’Internet des objets ». Rafi dresse une typologie très intéressante des objets connectés et dresse une critique instructive sur ses différents modèles… Les slides parlent d’eux-mêmes.
Cette intervention est suivie d’une excellente table ronde sur le thème « Robotique de service et humanoïdes domestiques », avec 2 acteurs de la robotique française : Jean-Christophe Baillie (Gostai) et Nicolas Clerc (QuidMind). Les robots de Gostai sont destinés à la téléprésence. QuidMind développe des robots œuvrant sur des usages similaires. Le tout en présence du robot Jazz Connect !
Dernière intervention à laquelle nous avons pu assister, celle de Dominique Sciamma (Strate Collège et de Florent Aziosmanoff (Le Cube), sur le projet de mobilier urbain intelligent, Le Jardin des amours. Le jardin des amours est une installation de mobiliers urbains robotisés incarnant l’univers théâtral de Marivaux. Les bancs, les poubelles et les luminaires d’un jardin public sont rendus mobiles et capable de communiquer entre eux et avec le public. Ils rendent leur service aux usagers, tout en étant pris dans un marivaudage permanent entre eux et avec le public. L’installation traite de la révélation et de l’épanouissement du désir, aux prises avec le jeu des règles sociales.





