Interview de Pierre Magnol, motion designer (Gkaster)
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Pierre Magnol, motion designer et co-fondateur du studio Gkaster, a accepté de répondre à nos questions sur son inspirations et sa perception de l’évolution du métier du motion design en France. Le studio a proposé récemment une exposition particulièrement originale à la médiathèque de Saint-Viance (près de Brives), en présentant 12 toiles qui mettent en œuvre des techniques issues de l’audiovisuel appliquées au print. Il a également co-fondé Profession Médias, un centre de formation continue aux techniques audiovisuelles, au design graphique et aux nouveaux médias.
1. Comment est né le studio Gkaster ? Pourquoi avoir choisi le motion design ?
Le studio est né de ma rencontre avec Pierre Fabre (typographe et matte painter — note : « C’est un vieux procédé cinématographique qui consistait à peindre sur du verre des décors en y laissant des espaces vides pour y incorporer des scènes », explique Pierre Fabre.) et on s’est dit que ça serait bien de faire un bout de chemin ensemble. Quant au motion design… je le pratique depuis presque 10 ans… C’est donc une continuité …. L’apport de Pierre Fabre en terme de gestion et de création de la typographie est primordial…. Car le motion design est avant une discipline qui la met en scène.
2. Vos clients vous sollicitent-ils toujours avec un besoin précis ? Comment se déroule le début d’une collaboration ?
C’est trés fluctuant , et tous les cas de figure se présentent à nous… je dirai qu’en moyenne on nous fait totalement confiance et on crée tout de A à Z. Une collaboration commence… pour nous en tous les cas… par l’évaluation technique des besoins… Le coté artistique…. est très important certes… mais dans le contexte actuel du marché, c’est souvent le budget qui guide les possibilités pour tel ou tel projet. Maintenant il est clair qu’une bonne idée n’est pas forcément une idée coûteuse… Le plus dur étant toujours de trouver la parfaite adéquation entre la bonne idée et les moyens à mettre en œuvre pour la porter.
3. Quelles sont vos inspirations ? Comment votre culture visuelle s’est-elle constituée ?
Je vais en profiter pour rendre hommage à Syd Mead, Manchu, Blade Runner, Otomo Katushiro, Jim Henson, Brazil, David Lynch, Georges De la tour, Vermeer … J’en oublie sûrement…. C’est fascinant de voir à quel point tous ces artistes ont su mettre en valeur le jaillissement de la lumière noyée dans l’obscurité… et son impact sur la perception de l’environnement…. Je pense pouvoir dire que c’est une recherche permanente dans nos travaux.
4. Est-ce très différent de collaborer sur une réalisation corporate versus une réalisation artistique ? (deux positionnements que vous revendiquez)
Nullement, selon moi… C’est juste une question de positionnement de notre ego. J’entend par là que notre souci est avant tout de « bien faire »… Que ce soit pour nous ou bien pour un client… C’est toujours une gageure que d’arriver à combiner le beau et l’utile … le « lisible » et l’onirique.
5. Comment le métier du motion design a-t-il évolué ces dernières années ?
C’est en perpétuelle mutation.. et ça s’enrichit chaque année de nouvelles façons de mettre en scène des éléments de design. Juste une remarque peut-être… Le terme est tout de même en passe de se confondre avec celui de l’animation 3D ou 2D traditionnelle. Il ne faut pas perdre de vue qu’en motion design c’est souvent la forme qui dicte le fond… et que l’emploi de la typographie , et sa mise en scène doivent être présents.
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